Lundi après-midi, à Allinges, en Haute-Savoie. Un car, transportant 56 personnes, dont 50 élèves de deux classes de 5e, circule sur la départementale 223. Tous arrivent du collège de Margencel et se rendent à Yvoire, cité médiévale de Haute-Savoie, dans le cadre d'une sortie de classe en histoire géographie.
L'accident se produit juste avant 14 h, à un passage à niveau, au lieudit Mésinges. Pour une raison que l'enquête devra déterminer précisément, le car franchit le passage à niveau, mais reste bloqué sur la voie. Un train TER, qui assure la liaison entre Évian et Genève, ne peut éviter la collision. Le choc est terrifiant. Le train emporte l'arrière du bus. Le plan Orsec est immédiatement lancé.
Bilan : sept enfants sont décédés, trois sont grièvement blessés et 22 autres plus légèrement atteints. Les autres sont indemnes. Les chauffeurs du car et du train sont, eux aussi, indemnes, mais très choqués. Cet accident est le plus grave accident de bus transportant des enfants, en France, depuis l'accident de Beaune, en juillet 1982, qui avait fait 46 morts sur l'A6.
Le train roulait à 90 km/h
Selon une responsable de la SNCF, le passage à niveau, où s'est déroulé l'accident « aurait fonctionné normalement ». Placé sous surveillance vidéo permanente, il comporte deux demi-barrières et une signalisation lumineuse automatique. Guillaume Pepy, président de la SNCF, s'est rendu sur place. « Le train roulait à 90 km/h, une vitesse normale », a-t-il déclaré. Selon une automobiliste qui affirme avoir vu la scène, le bus se serait engagé, alors que les feux rouges du passage à niveau clignotaient. Une affirmation non confirmée officiellement par les enquêteurs.
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s'est également rendue sur place, en compagnie de Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports. Elle a annoncé l'ouverture de deux enquêtes : l'une, administrative, sera confiée au Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre ; l'autre, judiciaire, sera confiée à la gendarmerie.
Le Président Sarkozy, avant d'aller au sommet de la FAO à Rome, s'arrêtera ce matin à Allinges, à la chapelle ardente, dans l'église, où des familles effondrées se sont réunies hier soir.
Le Premier ministre François Fillon souhaite « un effort supplémentaire pour accroître les conditions de sécurité du transport des enfants ». Il veut aussi qu'on « accélère la suppression des passages à niveau. C'est un problème de longue haleine ». On compte encore 16 000 PN en France. Chaque année, Réseau ferré de France en supprime une quarantaine.
Vous collégiens,
Vous partis si jeune,
Veillez sur vos familles,
Veillez sur vos proches, vos amis.
Ne les laissé pas dans la souffrance,
Ne les laissé pas dans l'ignorance,
De la haut restez en paix,
De la haut vivez en paix.
Tom, Léa, Yannis, Timothé, Benoit, Fanny, Natasha